Wednesday, October 21, 2015

Anniversaire du massacre d'Ayotzinapa, Mexique

Anniversaire du massacre d'Ayotzinapa, Mexique — NUIT & JOUR





Le 26 septembre 2014, 43 étudiants de l'Ecole Normale Rurale de Ayotzinapa, état de Guerrero, ont été enlevés par la police locale à la fin d'une manifestation contre le gouvernement mexicain et les pratiques du maire de la ville de Iguala, connu pour ses relations avec les narco-trafiquants et la corruption de son administration. Des témoignages concordent pour dire qu'ils auraient été ensuite livrés aux tueurs du cartel de drogue local, puis tués dans la nuit. Malgré des mois de recherche, sous la pression des manifestations de milliers de mexicains indignés par cette collusion manifeste entre des pouvoirs pourris et les gangsters, on n'a jamais pu retrouver leurs corps, ou les identifier avec certitude. 22 policiers municipaux de Guerrero ont été arrêtés pour leur implication dans l'enlèvement et la disparition des étudiants. Des fosses communes inattendues ont été découvertes pendant les recherches - on "disparaît" beaucoup, dans le Guerrero, et pendant des décennies, les gens de gauche y ont été massacrés par des milices eux ordres des grands propriétaires - mais au fond, si le maire de Iguala et sa femme ont bien été arrêtés après avoir tenté de fuir le Mexique, rien n'a tellement changé. 
Sinon que des affiches comme celles du collectif Rexiste (une contraction des deux mots Résiste-Existe) couvrent maintenant les murs. Ce collectif de graphistes qu'on dit peut-être un peu vite zapatiste (ils ne le sont peut-être pas au sens strict, qui d'ailleurs n'existe pas chez les zapatistes) travaille depuis un an à animer les manifestations en mémoire des morts de Ayotzinapa. Ils expliquent ainsi leur démarche :
“Rexiste est une idée, pas un artiste. Nous préférons l'anonymat de la personne et les créations libres de partage; nos dessins et idées sont des espaces ouverts faits pour être partagés, réappropriés et réinterprétés. Nous ne faisons pas de l'art, nous créons collectivement, nous sentons collectivement.Nous existons parce que nous résistons.” 

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